Dégonfle
Tu composes le code de la porte. 26X6. Le bois puissant contre la paume, tu te demandes pourquoi là-bas, chez toi, les portes ont l’air si fragile. Un hiver, tu as même oublié de la fermer. Toute la nuit, grande ouverte, la porte a nargué les passants. D’une étrangeté telle que personne n’a osé franchir le seuil. Les objets à l’intérieur, intacts. Seul le souffle du mois de janvier avait osé y pénétrer.
Et toi, tu entres, pousse la porte de bois massif. Les bruits de la rue t’ont rendu sourd. Il n’y a que tranquillité dans l’appartement. Tu oublies que quelqu’un d’autre s’y trouve. La lumière du dehors t’a aveuglé. Tu cherches l’interrupteur. Il est déjà actionné. Marche, marche, installe-toi, tu es chez toi. Et pourtant tu te sens comme un voleur. Un voleur qui apporte le nan déjà refroidi. À quoi bon le manger puisqu’il s’est dégonflé pendant le voyage? Dépose-le, la chaleur s’est déplacée jusqu’à ta main, qui brûle, il te semble.
Quand pourras-tu entendre et voir à nouveau?