Porte (bis)
La porte, lourde. Pousse-la, elle ne le fera pas pour toi. Tu glisses ta main. Fais attention aux échardes, la porte est raboteuse à quelques endroits. Tu continues de la toucher en espérant que.
Tu voudrais que quelqu’un te voit ainsi, faisant des cercles inlassablement contre le teck solide de la rue. Tu passerais pour fou, on te croirait fétichiste. Mais continue peut-être un jour pourras-tu la reconnaître au toucher seulement.
Derrière la porte, quelqu’un peut-être. Qui t’écoute, effrayé de tes gestes. Pose ton oreille. L’entends-tu t’écouter? Deux oreilles collées contre le bois qui cherchent à entendre le mouvement de l’autre.
Des portes, il y en a des centaines, tu les touches au passage, incapable d’y résister. Et tu n’es pas même foutu de reconnaître la tienne.